# James N. Gardner

*1946–2021*

**James Nelson Gardner **(5 mai 1946 – 10 avril 2021) était un avocat, théoricien de la complexité et auteur américain dont les spéculations cosmologiques plaçaient l’intelligence au centre génératif de l’univers lui-même. Diplômé du Yale College et de la Yale Law School, il a été assistant à la Cour suprême des États-Unis et sénateur de l’État de l’Oregon avant de consacrer une grande partie de sa vie intellectuelle à une question bien plus vaste: pourquoi l’univers semble-t-il si précisément calibré pour produire la vie et l’esprit?

La réponse de Gardner, développée dans des articles évalués par des pairs dans *Complexity *et le *Journal of the British Interplanetary Society*et popularisée dans ses livres *Biocosm*(2003) et*The Intelligent Universe*(2007), était l’hypothèse du « Biocosm égoïste ». Il soutenait que la vie et l’intelligence ne sont pas des accidents darwiniens mais sont intégrées dans l’évolution cosmique—que la bio-convivialité de l’univers est l’héritage d’une longue lignée d’intelligences qui, atteignant l’apogée de leur développement, ont reproduit le cosmos lui-même en engendrant des « bébés univers » dotés des mêmes propriétés génératrices de vie. Dans la vision de Gardner, le destin d’une intelligence hautement évoluée n’est rien de moins que l’infusion de la vie dans tout l’univers et l’acte ultime de création cosmique.

Pour ceux qui soutiennent que l’intelligence est éternelle et que la créativité divine opère à travers des processus naturels, la cosmologie de Gardner résonne avec une profondeur frappante. L’arc de sa pensée—l’intelligence non pas simplement comme un produit du cosmos mais comme son architecte et son héritier—s’inscrit naturellement dans la conviction transhumaniste mormone selon laquelle la progression de l’humanité vers la divinité est une entreprise réelle, physique et cosmologiquement significative. Gardner ne s’exprimait pas en termes théologiques, mais son insistance sur le fait que l’émergence de l’esprit est le fait le plus important de l’univers, et qu’une intelligence suffisamment avancée devient une force créatrice à l’échelle universelle, ouvre un terrain conceptuel que les traditions de foi orientées vers la théose et la progression éternelle habitent depuis longtemps sous un angle différent.