# Charles W. Penrose

*1832–1925*

**Charles W. Penrose** (1832–1925) était un apôtre, éditeur, poète et théologien mormon d’origine britannique dont la carrière de six décennies en tant qu’écrivain et dirigeant de l’Église a fait de lui l’une des figures intellectuelles les plus redoutables du mormonisme du XIXe et du début du XXe siècle.

Né à Londres, Penrose s’est converti à l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours en 1850 et a émigré en Utah en 1861. Il a été rédacteur en chef du*Deseret News*pendant deux périodes importantes et est devenu l’un des intellectuels publics les plus prolifiques de l’Église, écrivant des essais doctrinaux, des hymnes—dont le bien-aimé*O Ye Mountains High*—et des défenses polémiques de la théologie mormone. Il a été ordonné apôtre en 1904 et a servi comme deuxième conseiller dans la Première Présidence sous les présidents Joseph F. Smith et Heber J. Grant jusqu’à peu avant sa mort.

Ce qui distinguait Penrose parmi ses contemporains était la rigueur qu’il apportait aux questions d’autorité religieuse et d’enquête rationnelle. Sa conviction que la révélation doit être*examinée*plutôt que simplement reçue—que les saints devraient peser les affirmations prophétiques avec une intelligence active et disciplinée plutôt qu’avec une déférence passive—reflète une foi profondément sérieuse sur le plan épistémique. « Nous le respectons », écrivait-il à propos d’un président de l’Église en exercice, « mais nous ne croyons pas que ses opinions ou déclarations personnelles soient des révélations de Dieu; et quand « Ainsi parle le Seigneur » vient de lui, les saints l’examinent. » Ce n’est pas du scepticisme au détriment de la foi; c’est une foi disciplinée par la même intelligence que la théologie mormone déclare coéternelle avec Dieu. Penrose comprenait qu’une confiance authentique dans la communication divine exige le plein exercice de la raison humaine, et non sa suspension.

Cette conviction se connecte naturellement à la vision mormone plus large de la théose—l’idée que l’intelligence, correctement cultivée, est elle-même la substance de la progression éternelle. Penrose a passé sa vie à insister pour que les saints des derniers jours ne soient pas seulement des croyants, mais des croyants*pensants*capables de distinguer l’opinion personnelle de la révélation, la tradition de la vérité. Dans une tradition qui affirme que l’esprit et l’âme sont inséparables, son héritage rappelle que le chemin vers la divinité passe par une enquête honnête tout aussi sûrement qu’il passe par l’alliance et la communauté.