Hugh B. Brown(1883–1975)

Portrait of Hugh B. Brown

Hugh B. Brown (1883⁠–1975) était un dirigeant mormon d’origine canadienne, avocat, officier militaire et l’une des voix les plus intellectuellement courageuses de la pensée mormone du XXe siècle. Né à Revelstoke, en Colombie-Britannique, Brown a poursuivi des études de droit et a servi comme officier dans l’armée canadienne avant de s’engager dans le service à plein temps de l’Église. Il a présidé la mission britannique, enseigné à l’université Brigham Young, servi en tant que membre du Collège des douze apôtres, et finalement en tant que premier et deuxième conseiller dans la Première Présidence sous David O. McKay. Dans tous ces rôles, il a conservé les habitudes d’un esprit juridique formé: prudent dans la distinction, insistant sur les preuves et refusant de confondre la politique provisoire avec la doctrine établie.

L’ecclésiologie de Brown était remarquablement démocratique. Il soutenait que les déclarations officielles non ratifiées par le consentement commun demeurent des questions de politique temporaire, sujettes à révision à mesure que les conditions et la compréhension évoluent⁠—une position qui place l’humilité théologique et la gouvernance participative au centre du fonctionnement de l’Église. Il fut également un défenseur persistant des droits civiques à une époque où ce plaidoyer exigeait un courage personnel au sein du mormonisme institutionnel, et ses discours sur la liberté intellectuelle demeurent parmi les défenses les plus franches de l’enquête ouverte jamais prononcées par un haut dirigeant de l’Église.

Le fil conducteur le plus profond de l’héritage de Brown est sa conviction que la science et la religion ne sont pas rivales, mais des expressions convergentes de la même pulsion fondamentale vers la vérité. Il a articulé ce qu’il appelait une « spiritualité scientifique »⁠—un esprit qui apporte la discipline et la franchise de la science à la foi sans éteindre la chaleur ou le pouvoir de celle-ci. La révélation, selon lui, pouvait venir des laboratoires et des âmes curieuses aussi facilement que par la vision ou la prière. Chaque découverte scientifique, soutenait-il, illumine le plan divin dans la nature; l’harmonie de l’univers à toutes les échelles implique un architecte dont l’œuvre invite à l’investigation plutôt qu’elle n’y résiste. Dieu, insistait-il, n’est pas capricieux⁠—tout est loi, tout est cause et effet, et cette légalité est elle-même une forme de révérence. Ces engagements correspondent directement à la compréhension mormone transhumaniste d’un Dieu naturaliste dont les desseins sont avancés par une intelligence disciplinée, une libre enquête et la volonté de laisser prévaloir les meilleures idées.