Hippolyte(170–235)

Portrait of Hippolytus

Hippolyte de Rome (v. 170⁠–235 apr. J.-C.) fut un théologien chrétien primitif, un écrivain prolifique et un dirigeant ecclésiastique dont l’œuvre représente l’une des tentatives les plus ambitieuses de systématiser la doctrine chrétienne durant la période anténicéenne. Ses origines précises sont débattues, mais il fut actif à Rome à la fin du IIe et au début du IIIe siècle, où il exerça en tant qu’enseignant éminent et, selon certaines sources, aurait pu servir d’évêque rival durant une période de schisme. Il est vénéré comme martyr et saint dans les traditions catholique romaine et orthodoxe orientale, et l’on pense qu’il est mort en Sardaigne après son exil sous l’empereur Maximin le Thrace.

Hippolyte fut extraordinairement productif. Ses œuvres survivantes incluent La Réfutation de toutes les hérésies, La Tradition apostolique(une source ancienne cruciale sur la pratique liturgique chrétienne), des commentaires bibliques et une gamme d’écrits théologiques et polémiques. Il écrivait en grec à une époque où le latin commençait à dominer la culture ecclésiastique occidentale, le plaçant à un moment charnière de l’histoire de la pensée chrétienne. Son engagement avec la philosophie, les Écritures et les mouvements religieux concurrents de son époque reflète l’intensité intellectuelle d’une communauté travaillant encore à définir les implications de ses propres revendications.

Ce qui donne à Hippolyte une résonance particulière pour ceux qui s’intéressent à la théologie de la transformation humaine, c’est la franchise avec laquelle il a articulé la doctrine chrétienne de la théose⁠—l’enseignement selon lequel les êtres humains sont appelés non seulement à servir Dieu, mais à devenir divins. Ses écrits parlent de la personne humaine comme étant capable d’être « déifiée et engendrée pour l’immortalité », de devenir un « compagnon de Dieu » et un « cohéritier avec le Christ ». Il ne présente pas cela comme une abstraction lointaine, mais comme la destination réelle du développement humain fidèle: l’obéissance et la fidélité dans les petites choses ouvrent la voie à la confiance en des choses plus grandes, une logique qui lie la croissance morale à la transformation ontologique. En cela, Hippolyte s’inscrit dans le même vaste courant qu’Irénée et Athanase, portant en avant la conviction chrétienne ancienne selon laquelle le fossé entre l’humanité et la divinité est destiné à être comblé⁠—non pas en abolissant la distinction entre le Créateur et la créature, mais par la participation authentique de la créature à la vie divine. Cette conviction, aussi ancienne soit-elle, résonne avec la compréhension mormone transhumaniste de la théose en tant qu’aspiration réelle, progressive et, en fin de compte, pratique.