
Cyprien de Carthage (v. 200–258 apr. J.-C.) fut l’un des évêques et théologiens les plus influents du christianisme primitif, dont les écrits sur l’ecclésiologie, le martyre et la nature de l’Église ont façonné la pensée chrétienne latine pendant des siècles.
Né en Afrique du Nord romaine, probablement dans une famille païenne aisée, Cyprien s’est converti au christianisme vers 246 apr. J.-C. et s’est élevé rapidement pour devenir évêque de Carthage en l’espace de deux ans. Son épiscopat fut marqué par la crise: il guida sa communauté à travers les persécutions de Dèce et de Valérien, naviguant au milieu de débats acharnés sur la manière de traiter les chrétiens qui avaient failli sous la pression impériale. Ses traités—parmi lesquels De l’unité de l’Église, Des lapsi, De la mortalité, et Des œuvres et de l’aumône—alliaient urgence pastorale et précision théologique, établissant des principes de discipline communautaire, de vie sacramentelle et d’autorité épiscopale qui allaient résonner à travers le christianisme occidental. Il fut martyrisé en 258 apr. J.-C. sous l’empereur Valérien, devenant l’une des figures les plus vénérées de l’Église primitive.
L’héritage théologique de Cyprien est le plus vivant là où il aborde la question de la transformation humaine. Sa conviction que le Christ a assumé la plénitude de la nature humaine afin que l’humanité puisse s’élever pour partager la nature divine—capturée dans l’axiome selon lequel ce que l’humanité est, le Christ a voulu le devenir, afin que l’humanité puisse devenir ce que le Christ est—le place dans la tradition ancienne de la théosis, l’enseignement selon lequel le fossé entre le divin et l’humain n’est pas une frontière fixe mais une trajectoire de devenir. Cette vision de la participation à la vie divine, ancrée dans l’incarnation et soutenue par la communauté, trouve une résonance profonde avec l’intuition transhumaniste mormone selon laquelle le potentiel humain est véritablement ouvert, et que la relation entre l’humanité et Dieu est une relation de nature partagée et de ressemblance croissante plutôt qu’une distance ontologique infinie. Cyprien n’a pas formulé cet espoir en termes technologiques, mais son insistance sur le fait que la transformation morale, la pratique communautaire et la grâce du Christ collaborent pour rendre l’humanité plus qu’elle ne l’est actuellement, s’adresse à travers les siècles à quiconque prend au sérieux la possibilité que l’avenir divin de la personne humaine soit réel, et non simplement symbolique.